Teaching
LSCP members teach at l'ENS, at the DEC, Cogmaster, and Master en Sciences du Langage.
LSCP members supervise and serve as advisors for students in masters programs and post-docs.
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| Emmanuel
Dupoux (Prof, EHESS) |
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| Antoine
Barbot (M2) |
Yasuyo
Minagawa- Kawai (Post-doctorante) |
Sofie Gelskov (Doctorante) |
Vincent
Roger de Gardelle (Doctorant) |
| Marine
Buon (Doctorante) |
Belonia Gabalda (M2) |
Même si le langage constitue un système de traitement spécialisé et relativement autonome (un module, cf, Fodor, 1983), se pose la question de son interconnexion avec les autres fonctions cognitives. Nous abordons cette question sous deux angles d'attaque.
Le premier angle d'attaque est celui de l'interface entre le langage et l'organisation conceptuelle au cours du développement. Pendant la première année de vie, en parallèle de ses acquisitions dans les domaines phonologique et morphosyntaxiques, le bébé effectue de nombreuses acquisitions dans le domaine de la compréhension des scènes impliquant des objets physiques et des agents doués d'intentions (voir les travaux de Susan Carey, Elisabeth Spelke, Renée Baillargeon, Gyorgy Gergely, etc). Ces deux développements se produisent de manière largement indépendante, et utilisent des propriétés disjointes des stimuli environnementaux disponibles au bébé. Cependant, à partir de la fin de la première année de vie, le bébé dispose des éléments pour connecter le monde linguistique et le monde conceptuel. Le démarrage de l'acquisition lexicale nécessite en effet de mettre en correspondance les formes de mots qu'il est capable d'extraire de la chaîne de parole, d'un côté, et les concepts ou éléments de signification qu'il est capable d'extraire de ses représentations des situations, de l'autre. Ce moment clef du développement soulève toute une série de questions sur la nature des interactions entre langage et organisation conceptuelle : le langage va-t-il modifier l'organisation conceptuelle, voire faire apparaître des concepts nouveaux, ou au contraire, le langage s'appuie-t-il exclusivement sur des concepts préexistants ?
Le second angle d'attaque s'intéresse plus généralement au rôle du système exécutif central dans la circulation de l'information à travers les différentes composantes linguistiques et non linguistiques de l'appareil de traitement. La plupart des modèles de l'architecture cognitive supposent une organisation statique : le système de traitement est présenté comme une organisation complexe de modules spécialisés interconnectés, mais la façon dont l'information circule à travers les connexions en fonction de la tâche qu'effectue le sujet est supposée fixe. Or, cette circulation de l'information est loin d'être fixe ; en fonction de la tâche, l'information linguistique, par exemple l'identité d'un mot, va être utilisée pour récupérer l'information grammaticale, l'information sémantique, ou bien le code orthographique. Il est donc important de préciser les parties du système cognitif qui sont activées de façon automatique, et les parties qui dépendent d'une stratégie particulière et donc d'une disponibilité de l'information au niveau du système exécutif central. Nous explorons cette question à l'aide de techniques de masquage permettant de dissocier le traitement automatique du traitement stratégique.
Langage : traitement conscient et inconscient
Resp : Sid Kouider et Jérôme SackurL'étude du lien entre langage et fonctions supérieures soulève des questions d'ordre générales sur l'architecture de l'appareil cognitif. L'hypothèse modulariste suggère qu'il existe une dichotomie entre deux types de processus: d'une part, les processus modulaires qui sont automatiques, inconscients, autonomes et spécifiques à un domaine et, d'autre part, les processus centraux qui, travaillant sur les sorties des modules, seraient contrôlés, intégratifs et généraux à tous les domaines. Ces hypothèses ont été précisées avec des modèles de type 'global workspace' (Dehaene, etc), qui fixent la manière dont ces deux types de processus peuvent interagir. Dans ce sous thème, nous étudions, en utilisant des techniques de masquage subliminal, ou de manipulation de l'attention (attentional blink, change blindness, etc), la façon dont les processus modulaires peuvent être accédés par les processus centraux, notamment, lors des états perceptifs appellés préconscients (Dehaene, etc..) ou de conscience partielle (Kouider & Dupoux, ref).
Acquisition conceptuelle
Resp : Emmanuel DupouxL'acquisition du langage necessite l'integration de deux sources de connaissances: les connaissances linguistiques (phonologie, morphologie, syntaxe), et les connaissances conceptuelles (objets, animaux, congénères). Nos travaux ont porté sur deux aspects de l'organisation conceptuelle qui interagissent le langage. Le premier aspect porte sur la représentation abstraites et amodales des nombres et des objets. Nous étudions l'existence de ces représentations abstraites chez le nourisson de moins d'un an, et suivons l'émergence de la distinction linguistique singulier/pluriel. Le second porte sur l'existence d'un système d'évaluation 'proto-moral' des interactions humaines. Nous étudions la façon dont les enfants de 10 mois évaluent des actions positive ou négatives (juste ou injustes) envers un congénère, ainsi que l'utilisation, chez des enfants de plus de deux ans de termes moraux comme 'bien', 'mal', etc.







