Thèmes de recherche
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Structure
sonore du langage
: acquisition, traitement adulte,
et dysfonctionnement
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| Sharon
Peperkamp (MdC, Paris VIII) |
Charlotte
Jacquemot (CR, CNRS) |
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| Andy
Martin (Post-doctorant) |
Marcela San Giacomo (Doctorante, Paris VIII) |
Katrin Skoruppa (Doctorante, Paris VI) | Laura
Robotham (Etudiante en échange) |
Nous savons qu'il existe chez l'adulte un système de représentation abstrait des sons de parole qui incorpore des informations propres à la phonologie de la langue maternelle. Nous explorons ce système de traitement des sons de la parole selon trois axes. D'abord, nous nous intéressons à la manière dont de telles représentations se développent au cours de l'acquisition. Ensuite, nous étudions est le traitement des sons de la parole chez l'adulte. Enfin, nous explorons le dysfonctionnement du traitement des sons de la parole.
Acquisition des représentations phonologiques
Les représentations phonologiques, sont-elles acquises avant ou après le lexique? Si elles sont apprises avant le lexique, quels sont les mécanismes d'apprentissage qui rendent possible une telle acquisition ? Nous explorons ces questions en faisant, d'une part, des études de modélisation, et, d'autre part, des études comportementales chez le nourrisson.Traitement des sons de parole chez l'adulte.
Quels sont les modèles fonctionnels qui permettent de rendre compte du traitement phonologique observés chez le sujet adulte, et quelles sont les limites dans le traitement des sons des langues étrangères? Quelles sont les conséquences de ces limites pour la théorie linguistique, notamment pour les phénomènes qui se produisent dans des situations de langues en contact ? Et enfin, quelles sont les bases neuronales du traitement phonologique ? Ces questions sont traitées en utilisant plusieurs techniques : la psycholinguistique adulte, la linguistique et la sociolinguistique, ainsi que l'imagerie cérébrale.Dysfonctionnement du traitement des sons de la parole
Nos études du dysfonctionnement du traitement des sons de la parole se basent sur des explorations neuropsychologiques chez des patients aphasiques. Elles cherchent à expliquer au sein d'un cadre théorique de traitement de la parole, les déficits que l'on peut observer chez les patients.Lexique et bases de la syntaxe
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| Anne Christophe |
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Perrine Brusini |
| Thomas Hannagan (doctorant, Paris VI) |
Elodie Cauvet |
Les enfants qui acquièrent leur langue maternelle doivent apprendre ses mots (ou lexique), c'est-à-dire les associations entre la forme sonore des mots et leur sens, et ses caractéristiques syntaxiques. L'apprentissage de chacune de ces composantes du langage peut être facilité en supposant des connaissances préalables dans l'autre. Ainsi, la connaissance du sens des mots peut faciliter l'acquisition de la syntaxe, mais réciproquement, l'analyse des structures syntaxiques dans lesquelles apparaît un mot nouveau peut faciliter l'acquisition de son sens. Ceci semble mener à un paradoxe, ou 'problème d'initialisation' : le lexique est nécessaire à l'acquisition de la syntaxe, et la syntaxe est nécessaire pour l'acquisition du lexique.
Dans ce thème, nous présentons plusieurs projets de recherche qui visent à élucider l'initialisation de l'acquisition lexicale et syntaxique précoce. Ces projets se focalisent en particulier sur les problèmes de découpage de la parole en mot (rôle des indices prosodiques, et rôle des calculs statistiques de co-occurrence entre segments voisins), d'identification et d'utilisation des mots grammaticaux pour contraindre l'apprentissage des mots de contenu (catégorisation nom/verbe, identification de la différence singulier/pluriel), et sur les premières étapes de l'analyse syntaxique (exploitation des frontières de groupe phonologique en temps réel pour contraindre l'analyse syntaxique).
Génétique, langage et pathologie
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| Franck Ramus |
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| Baudouin
Forgeot d'Arc (Doctorant, Paris VI) |
Caroline
Bogliotti (Post-doctorante) |
L'apprentissage du langage par l'enfant repose sur des capacités cognitives qui se développent précocement. Ces capacités cognitives reposent sur des bases cérébrales, qui sont en partie déterminées génétiquement. Nous étudions des troubles du développement qui permettent de mettre en relief les enchaînements complexes entre des facteurs génétiques, des propriétés cérébrales et des fonctions cognitives. Nous étudions principalement les troubles du langage oral (dyslexie et dysphasie), à la fois au niveau cognitif avec les méthodes de la psycholinguistique, au niveau neurologique grâce à l'imagerie cérébrale, et au niveau génétique, en lien avec des laboratoires de biologie moléculaire. Nous nous intéressons également à d'autres troubles développementaux qui affectent des fonctions cognitives spécifiques, notamment l'autisme, ainsi que, plus généralement, à la manière dont le génome contraint l'architecture de la cognition humaine.
Langage
et fonctions cognitives supérieures
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| Emmanuel
Dupoux (Prof, EHESS) |
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| Antoine
Barbot (M2) |
Yasuyo
Minagawa- Kawai (Post-doctorante) |
Sofie Gelskov (Doctorante) |
Vincent
Roger de Gardelle (Doctorant) |
| Marine
Buon (Doctorante) |
Belonia Gabalda (M2) |
Même si le langage constitue un système de traitement spécialisé et relativement autonome (un module, cf, Fodor, 1983), se pose la question de son interconnexion avec les autres fonctions cognitives. Nous abordons cette question sous deux angles d'attaque.
Le premier angle d'attaque est celui de l'interface entre le langage et l'organisation conceptuelle au cours du développement. Pendant la première année de vie, en parallèle de ses acquisitions dans les domaines phonologique et morphosyntaxiques, le bébé effectue de nombreuses acquisitions dans le domaine de la compréhension des scènes impliquant des objets physiques et des agents doués d'intentions (voir les travaux de Susan Carey, Elisabeth Spelke, Renée Baillargeon, Gyorgy Gergely, etc). Ces deux développements se produisent de manière largement indépendante, et utilisent des propriétés disjointes des stimuli environnementaux disponibles au bébé. Cependant, à partir de la fin de la première année de vie, le bébé dispose des éléments pour connecter le monde linguistique et le monde conceptuel. Le démarrage de l'acquisition lexicale nécessite en effet de mettre en correspondance les formes de mots qu'il est capable d'extraire de la chaîne de parole, d'un côté, et les concepts ou éléments de signification qu'il est capable d'extraire de ses représentations des situations, de l'autre. Ce moment clef du développement soulève toute une série de questions sur la nature des interactions entre langage et organisation conceptuelle : le langage va-t-il modifier l'organisation conceptuelle, voire faire apparaître des concepts nouveaux, ou au contraire, le langage s'appuie-t-il exclusivement sur des concepts préexistants ?
Le second angle d'attaque s'intéresse plus généralement au rôle du système exécutif central dans la circulation de l'information à travers les différentes composantes linguistiques et non linguistiques de l'appareil de traitement. La plupart des modèles de l'architecture cognitive supposent une organisation statique : le système de traitement est présenté comme une organisation complexe de modules spécialisés interconnectés, mais la façon dont l'information circule à travers les connexions en fonction de la tâche qu'effectue le sujet est supposée fixe. Or, cette circulation de l'information est loin d'être fixe ; en fonction de la tâche, l'information linguistique, par exemple l'identité d'un mot, va être utilisée pour récupérer l'information grammaticale, l'information sémantique, ou bien le code orthographique. Il est donc important de préciser les parties du système cognitif qui sont activées de façon automatique, et les parties qui dépendent d'une stratégie particulière et donc d'une disponibilité de l'information au niveau du système exécutif central. Nous explorons cette question à l'aide de techniques de masquage permettant de dissocier le traitement automatique du traitement stratégique.
Langage : traitement conscient et inconscient
Resp : Sid Kouider et Jérôme SackurL'étude du lien entre langage et fonctions supérieures soulève des questions d'ordre générales sur l'architecture de l'appareil cognitif. L'hypothèse modulariste suggère qu'il existe une dichotomie entre deux types de processus: d'une part, les processus modulaires qui sont automatiques, inconscients, autonomes et spécifiques à un domaine et, d'autre part, les processus centraux qui, travaillant sur les sorties des modules, seraient contrôlés, intégratifs et généraux à tous les domaines. Ces hypothèses ont été précisées avec des modèles de type 'global workspace' (Dehaene, etc), qui fixent la manière dont ces deux types de processus peuvent interagir. Dans ce sous thème, nous étudions, en utilisant des techniques de masquage subliminal, ou de manipulation de l'attention (attentional blink, change blindness, etc), la façon dont les processus modulaires peuvent être accédés par les processus centraux, notamment, lors des états perceptifs appellés préconscients (Dehaene, etc..) ou de conscience partielle (Kouider & Dupoux, ref).
Acquisition conceptuelle
Resp : Emmanuel DupouxL'acquisition du langage necessite l'integration de deux sources de connaissances: les connaissances linguistiques (phonologie, morphologie, syntaxe), et les connaissances conceptuelles (objets, animaux, congénères). Nos travaux ont porté sur deux aspects de l'organisation conceptuelle qui interagissent le langage. Le premier aspect porte sur la représentation abstraites et amodales des nombres et des objets. Nous étudions l'existence de ces représentations abstraites chez le nourisson de moins d'un an, et suivons l'émergence de la distinction linguistique singulier/pluriel. Le second porte sur l'existence d'un système d'évaluation 'proto-moral' des interactions humaines. Nous étudions la façon dont les enfants de 10 mois évaluent des actions positive ou négatives (juste ou injustes) envers un congénère, ainsi que l'utilisation, chez des enfants de plus de deux ans de termes moraux comme 'bien', 'mal', etc.


















